// Un peu d'aventure...

Des gens

Voyageurs, voyageuses de tous les pays

L’Australien : il parcourt l’Asie du Sud-Est en marcel et s’apelle forcément Scott. On le reconnaît de loin : il porte le tee-shirt du “Backpackers Hostel” d’Hanoi (à ne pas confondre avec le Backpackers Hotel, copie non conforme). Pas très backpacker de payer le tee-shirt 15 $, mais il s’en fout. Il va faire du tubing à Vang Vieng (où il regarde le 8e saison de Friends, même s’il l’a déjà vue, en mangeant comme au pays), et un tour organisé à Along Bay. Il aura fait le Vietnam (et le Laos, aussi). Quand vous vous approchez de lui, vous l’entendez dire “fucking” tout le temps. Bien sûr, il connait Hanoi comme sa poche. Enfin, une partie d’Hanoi. Une toute petite partie. Il est très surpris que vous ne connaissiez pas “Finnivans”, où il va commencer (c’est-à-dire finir) sa nuit. What is Finnivans ? “A fucking pub”. Scott est la bête noire de Zinedine (voir plus loin).

Les Suédois : Jimmy vient de se faire larguer « par msn” et Daniel rentre d’un kibboutz en Israel. Leur fierté, c’est d’être arrivé uniquement en train jusqu’à Pékin, sans avoir été une seule fois à l’hotel. Ils connaissent par coeur les emplacements des Mac Do pékinois. Ils disent avoir mangé 8 fois au KFC, 7 fois au Mac Do, et 3 fois chinois. La classe.Les touristes à la casquette, un grand classique chinois

Deux Françaises : elles ont eu une discussion houleuse avec Zinedine (qui pense être le seul à pouvoir s’arroger le droit de dire qu’il fait un « tdm ») à propos de savoir si oui ou non, en allant de la Nouvelle-Zelande à la France, leur voyage pouvait être considéré comme un tour du monde. Tout s’est arrangé autour d’un bon saucisson français à Hanoi, acheté une quinzaine de dollars US ( à peu près la somme que doit être en train de perdre le Suisse à l’heure actuelle, voir plus bas).

Le Suisse : il a un agent de voyage et a emmené du chocolat et des cartes postales de son pays, histoire d’essayer de nous faire croire qu’il y a quelque chose à faire là-bas. Il lui arrive des drôles d’histoires, à Jonas. Allez, juste pour le plaisir. Ca se passe dans le Sud de la Chine, et c’est en 2009. Il achète un ticket de bus. Se dirigeant vers ce dernier, un type lui prend d’autorité le billet, ainsi que son sac, et monte dans le car avec lui. Il soupèse le bagage et lui dit que celui-ci est trop lourd et qu’il va falloir payer un supplément. Jonas trouve ça bizarre, mais c’est vrai que son sac est lourd. Là, le type lui pose son sac sur un autre siège et lui dit qu’il faut qu’il achète un deuxième billet, car son sac occupe un siège. Jonas proteste, le type négocie. Il finit par payer. Le type s’en va. Quelques minutes après, alors que le bus n’est toujours pas parti, il revient pour essayer de lui vendre de la nourriture, mais Jonas n’est pas intéressé. Le type repart. Jonas ne l’a plus jamais revu.Backpackers ?

L’Américaine : l’Américaine est avant tout Américaine. Elle ne parle pas de langue étrangère, et il faut l’applaudir quand elle parle trois mots de français, alors que ça lui semble normal de parler anglais. Pourtant, c’est une brave. C’est grâce à elle que le bargaining est possible. Parce que l’Américaine, qui s’appelle Lauren et qui vient de l’Oregon, comme le Russe, ne négocie pas, ou à peine. C’est parce qu’une fille comme ça achète sans lésiner un faux survet Adidas à 30 € qu’on peut l’avoir à 5.  C’est la péréquation tarifaire appliquée au marchandage. Le « plus beau jour de sa vie », c’est quand elle est montée sur un éléphant au Laos, nous dit-elle au « Hive », le bar à étrangers de Luang Prabang. Et puis elle ira à Vang Vieng s’éclater avec Scott, au Bucket Bar (un bucket d’alcool pour 3 €, une paille).

Un Français : comme tous ses compatriotes, il a une théorie sur le Routard (en plus de se croire en être un). Selon lui, il faut le consulter pour les restos, mais pas pour les hôtels, car “ça fait longtemps qu’ils sont plus Routard, au Routard”. Il aime la photo, Renaud, et dit souvent “tiens, ça ferait une belle photo”. Parfois, il la fait. Il a traversé la frontière cambodgienne à pieds parce qu’il refusait de se faire racketter par les douaniers. Sa phrase fétiche aux taxis vietnamiens c’est : « OK, we call the Police now », ce qui permet de faire diviser le prix par 6. Renaud n’a qu’un tee-shirt, puisque le “Georgio Armani Ramone” essayé dans un marché de Hanoi ne lui allait pas. Il a une moustiquaire aussi et “bargain” tout le temps. La fierté de sa vie, c’est d’avoir fait du saut à l’élastique de la plus haute tour de Macao.

Les Finlandaises : longtemps, Zinedine (voir plus loin) n’a pas compris leur prénom, Jonas (voir plus haut) non plus, comme leur âge. Elles sont parties de Saint-Pétersbourg en train, jusqu’en Asie. Elles sont végétariennes, et leur particularité un peu effrayante est de systématiquement photographiées tout ce qu’elle mange. Inka et Pilvi aiment les animaux, et ont passé une journée à Luang Prabang a nettoyé des éléphants dans une optique d’ « éco-tourism » (sic), ce qui suscita un grand sentiment d’incompréhension chez Zinedine et Jonas. Ceux qui ont déjà été au Laos comprendront qu’elles sont “same, same, but different”.

Un autre Français : il fait un tour du monde uniquement pour le plaisir d’expliquer le mécanisme des billets tour du monde de l’alliance aérienne one world (et également pour faire des tableaux Excel). Mais aussi pour aller Hawai et pour pouvoir se la jouer après. Tout le reste, c’est du vernis culturel. Il s’est dit qu’en allant passer un mois en Inde, on verrait moins que sa vraie destination, c’est Honolulu (et Miami). Bien sûr, ça ne trompe personne, même s’il ne s’en rend pas compte, le pauvre. Il s’appelle Zinedine (1) mais ce n’est qu’un joueur moyen de niveau départemental. Il dit des choses comme : “dans la vie, il y a deux types d’hommes : ceux qui ont fait le Transsibérien et les autres”. Sa théorie à lui sur le Routard, c’est qu’il faut suivre sur les hôtels mais non sur les restos. Il a une théorie plus vaste sur le Lonely Planet du Transsibérien, aussi, mais il ne veut pas vous faire ennuyer avec ça. Il critique Vang Vieng, mais lui aussi s’est fait piéger par les rediff de Friends.

(1) Le prénom a été changé à la demande de l’intéressé.Toujours

Discussion

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  1. vraiment marrants les portraits “nationaux” brossés avec humour et non sans une certaine affection, et qui rappellent qu’on est tous un peu barjots. Mais quel dommage, les fautes d’orthographe !

    Posté par expertéduc | 14 mai, 2009, 19:22
  2. Bravo Arthur pour ces descriptions fines et drôles de nos congénères voyageurs, il est amusant de constater que le “guide du routard” fait l’objet des mêmes appréciations à travers le temps, je pense même, pour ce qui est des hôtels, que si l’adage, de la non-visite des rédacteurs se perpétue, c’est qu’ils n’existent même plus du tout…..

    La seule vraie information dans ces guides planétaires c’est que nous faisons le meilleur “gâteau au chocolat” in the world.

    Posté par pascalpanini | 16 mai, 2009, 14:06
  3. bravo
    j’adore ce genre de chroniques transversales. Drôles et bien vues. J’aimerais bien en lire d’autres, une typologie des moyens de transports par exemple.

    Posté par ivan petrovitch | 18 mai, 2009, 0:57
  4. Ah ! oui. C’est juste un peu dommage que tu ne sois pas un moyen de transport.

    Posté par Vassily | 19 mai, 2009, 17:58
  5. Même les grands sociologues ne peuvent égaler cette lecture de la nature de l’homme à travers ces différents portraits: L’auteur a su faire une analyse des plus scientifique ou ces propres valeurs sont bien évidemment ces critères.
    Mais le dernier portrait du french voyageur au talon d’or me rappelle un jeune homme épris de liberté de farniente et d’un gout prononcé pour les bonnes choses de la table et de l’intellect.

    Posté par soule | 21 mai, 2009, 14:32